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Continuer la lectureGroupe Atlantic prépare une refonte historique de son actionnariat
L’une des deux familles fondatrices de cette grande ETI vendéenne spécialisée dans le chauffage et l’air conditionné souhaite vendre ses parts.
Discrètes mais puissantes, les entreprises vendéennes ont réussi à faire de leur département l’un des plus dynamiques de l’Hexagone. Un « miracle économique » notamment porté par des groupes familiaux comme Fleury-Michon, Sodebo, Air Caraïbes, le spécialiste des vérandas Akena… ou encore Groupe Atlantic, réputé pour son expertise dans le chauffage, la climatisation ou l’air conditionné et connu pour son égérie, l’actrice Charlotte de Turckheim. Ce dernier, détenu à parts égales (49 %) par les familles Radat et Lamoure, joue toutefois gros en ce moment : il vient de poser les jalons d’une vaste refonte de son actionnariat, a appris l’Informé.
La famille de l’ingénieur Pierre Lamoure, qui a fondé Groupe Atlantic en 1968 avec son associé Paul Radat, cherche en effet à vendre sa participation. Elle est épaulée par l’enfant terrible du capitalisme français, Jean-Marie Messier. L’autre clan est quant à lui accompagné par la boutique de fusions-acquisitions Lincoln International. « Les deux parties ont besoin d’un accompagnement distinct car leurs intérêts divergent. La famille Radat n’entend pour l’instant pas revendre sa participation et les relations sont tendues avec l’autre bord, souffle une source. Jean-Marie Messier va devoir réunir tout ce beau monde autour d’une table pour tenter de trouver un accord. » Une troisième banque,Rothschild & Co, a aussi été mandatée par la direction (2 % du capital) emmenée depuis 17 ans par Thierry de Roquemaurel.
Une opération XXL
Bien que minoritaire, cette opération pourrait donner naissance à l’un des plus gros LBO de l’année en France. Car l’ETI basée à La Roche-sur-Yon est un mastodonte, avec en 2021 un chiffre d’affaires de 2,7 milliards d’euros pour un Ebitda de 313 millions. Et elle est en pleine forme. L’an dernier, les revenus du groupe ont progressé à 3,2 milliards d’euros (deux fois plus qu’il y a six ans) et l’excédent brut est passé au-dessus des 400 millions. « Groupe Atlantic devrait être valorisé entre 4,5 et 5 milliards d’euros, croit savoir un proche du dossier. L’investisseur qui pourrait y signer son entrée va devoir aligner un chèque de plus d’un milliard d’euros, si l’on estime que la moitié de l’opération sera financée par de la dette. »
Selon nos informations, les mémorandums d’information ont été envoyés il y a deux semaines et les premières offres indicatives sont attendues le 12 mai. Mais les fonds de private equity à même de pouvoir s’aligner sur un dossier de cette envergure ne sont pas légion. À ce stade, des marques d’intérêt émaneraient d’EQT, de Bain Capital, de CVC, de HLD ou bien encore de PAI Partners. Des investisseurs capables de soutenir la politique de développement du groupe, qui compte aujourd’hui 13 000 collaborateurs et 31 sites de production, dont une quinzaine rien que dans l’Hexagone. Réputé pour ses chaudières, radiateurs et chauffe-eaux, Groupe Atlantic (détenteur des marques Sauter, Atlantic et Thermor) met aussi les bouchées doubles sur les pompes à chaleur. Il en est devenu le leader incontesté en France et le numéro deux en Europe, avec 30 % de ses ventes sur ce seul segment.